Bah…

Je suis arrivée sur le marché de l’immobilier lausannois la bouche en cœur et la fleur au fusil, forte que j’étais de mon expérience madrilène où tu tombes sur la colloc’ de l’amour en deux temps trois mouvements, malgré les quelques bouges infâmes visités au préalable.

Je suis donc revenue à Lausanne, et TOUT LE MONDE a passé son temps, lorsque je leur faisais part de ma recherche d’appartement, à me parler de saturation du marché, de taux de vacance à 0,11% (sous 0,2 %, ça devient incompressible et on est tous foutus), à me brandir des articles de journaux expliquant que les étudiants sont obligés de vivre au camping (véridique), et à me dire “tu sais, on cherche depuis 4 mois, ben on a rien trouvé et demain on rend le baiiiiil”. On m’a parlé de pistons, de “l’homme est un loup pour l’homme “, on a roulé des yeux et on m’a dit qu’on mettrait des cierges à l’église pour moi. En prenant le bus pour me rendre à mes rendez-vous, je tombais sur ça.

J’ai tremblé, j’ai fait les yeux doux à des secrétaires de gérance qui de toute façon n’en avaient rien à foutre parce c’est pas elles qui prennent les décisions, j’ai fignolé pendant des heures mon dossier de collocation pour expliquer que, oui, des étudiants en médecine, ça peut être calme et non sanguinaires (ou si peu…), je me suis déguisée en fille parfaite face aux propriétaires, j’ai encaissé le ” mais de toute façon on privilégie les familles” alors qu’on postulait pour un immeuble de vieux où le voisin d’en face recevait des lettres de plaintes lorsque le fils de ses amis invités faisait du bruit un dimanche à 14 heures, j’ai tellement souri que j’en ai encore mal à la mâchoire.

Bon, ben, on a trouvé en 7 jours, 115 m2 avec vue sur le lac… Je suis presque déçue, finalement, toute cette hargne et cet esprit guerrier accumulés pour mieux vaincre dans la jungle me restent sur les bras, et je tourne en rond en attendant d’emménager.

Je vais aller faire du sport, tiens.

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3 thoughts on “Bah…

  1. Guillaume Pascanet says:

    Plains toi, j’ai déménagé en mai et j’ai cherché le nid d’amour rêvé pendant presqu’un an.

    Marrante l’affiche, elle me fait penser à une peinture célèbre de Fujita (il me semble) détournant Ingres en transformant un dos féminin en violon.

    • Alexina says:

      A la base, c’est Man Ray qui a fait une photo http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ens-surrealisme/Images/ManRay-XL.jpg il me semble. J’ai cherché cette peinture dont tu parles, si tu la trouves, ça m’intéresse (j’adore les sujets traités par différents artistes, comme les reprises de Brassens par d’autres, c’est souvent passionant).
      Justement, c’est tellement étrange de se plaindre parce qu’on est insatisfait d’être trop vite satisfait… j’ai trouvé que c’était un sentiment qui méritait de s’en questionner.

      • Guillaume Pascanet says:

        Je connais bien ce sentiment où l’on s’angoisse un maximum avant une action ou un évènement qui finalement se déroule très tranquillement, ou presque.

        Je dois être un grand nerveux rentré, vu que j’ai plutôt la réputation d’être assez calme et serein.

        Pour la photo, c’est bien à cela que je pensais en fait, honte à moi. Mes connaissances artistiques ne sont pas extraordinaires finalement.

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