Vers l’infini et au-delà.

Demain, je poserai mes fesses dans l’auditoire,  et je me dirai que je suis en train de vivre le dernier cours de ma vie. Ce qui est complètement faux, soit dit en passant. Il me restera les répétitoires d’avant le Grand Final (oui, les majuscules sont sciemment destinées à foutre les boules), et puis je sais bien entendu que chaque jour de ma future vie de médecin sera un grand apprentissage, une découverte sans cesse renouvelée, une formation continue de chaque instant, un monde où l’on court tout nu dans les prés le stéthoscope au cou et le Temesta® aux lèvres, fort de cette perpétuelle soif d’apprendre intrinsèque au beau métier de soignant. Je m’égare. Je digresse et batifole en rajoutant trois tonnes parce qu’au fond, je n’en mène pas large.

Parce qu’au fond, demain clôt une époque, celle de l’insouciance estudiantine où le seul stress connu est celui de la drague à la bibliothèque des partiels , et il est déjà bien suffisant.

Parce que cette fin de cursus académique donne l’occasion à nos professeurs de disserter sur notre avenir quelques instants, parfois avec des mots si justes et touchants qu’on en a les yeux qui piquent mais ça serait vraiment la dèche de chialer là maintenant reprends-toi ma grande, mais parfois aussi en stressant toute la promo à parler de formation postgrade, de délais de postulation pour l’assistanat mais  surtout de si-vous-faites-parler-de-vous-dans-un-service-ne-serait-ce-que-la-plus-infime-connerie-ça-se-saura-partout-dans-l’hôpital/le-canton/le-monde-médical/l’univers-alors-attention-mes-cocos.

Parce qu’aujourd’hui, j’ai posé les prémices de ma future thèse en abordant un potentiel tuteur, et que ça c’est du lourd.

Parce que je suis depuis aujourd’hui aussi (jour décidément faste et propice aux bonnes résolutions)  l’heureuse et fière propriétaire de ce bouquin qui compile un peu tout ce que je dois savoir et dont je dois lire les 1075 pages d’ici août.

Parce que dans un mois, j’enfile ma blouse pour de vrai et que je me retrouverais errant dans les services, à scénariser ma vie comme si j’étais héroïne d’une série médicale tout en priant le ciel  pour qu’il me donne l’opportunité de ne pas tuer mes patients. Et que même si je sais pertinemment qu’au dessus de moi, il y aura pendant encore longtemps quelqu’un de plus responsable, je commence à me retrouver lâchée dans la cour des grands.

Je n’en mène donc  pas large.

Il y a déjà six ans, j’ai fait un pari avec moi-même, sans trop y croire, et je suis en train de le gagner. Ça me fout une TROUILLE, un flip tellement intersidéral sa race qu’à côté de ça le pire thriller c’est du pipi de chat.Et en même temps… En même temps… J’ai un peu envie de sauter partout et de pavoiser à tout va, de sourire comme une perdue face aux défis passionants qui m’attendent et qui n’ont de niais que la formulation, et ça me fait un bien FOU.

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3 thoughts on “Vers l’infini et au-delà.

  1. Loulou says:

    Bon, tu m’as dit que mes commentaires devaient être constructifs. Dont acte:

    yeah!!!

    bisou.

  2. Krolli says:

    RHumrhumrhum….

    Merci ALL!!!

    Après avoir fini (après 30 min) de lire ta dernière nouvelle, tu m’as tellllllllement transmis ton “je n’en mène pas large” que je me suis rhuée sur la page “investimed.ch” et je me suis achetée le SURF en ALLEMAND…. non non je décompense pas dutout à l’approche des stages!

    Bosse bien et vive l’examen de ap…-demain!

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